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La filière sport en France : « Un PGE pour 38 % des entreprises, du chômage partiel pour 56 % » (BPCE)

Paris - Publié le mardi 9 février 2021 à 10 h 00 - n° 207651 « La quasi-totalité des entreprises et des associations employeuses disent avoir eu recours à l’une des aides gouvernementales, la nature des aides variant en fonction de la taille de l’entreprise et dans une moindre mesure, de l’état de son bilan. 38 % des entreprises ont eu recours au prêt garanti par l'État (PGE) et 56 % des entreprises ont eu recours au chômage partiel », indique le Groupe BPCEGroupe BPCE dans une étude de « BPCE L’Observatoire » sur l’économie du sport en France intitulée « La filière sport retient son souffle », publiée le 05/02/2021 (document à télécharger, voir par ailleurs).

« La filière sport enregistrerait une chute d’environ 21 % de son activité en 2020 par rapport à 2019, soit une récession beaucoup plus profonde que celle estimée sur l’ensemble de l’économie (- 8,3 % selon l’INSEEINSEEInstitut National de la Statistique et des Etudes Economiques). Si l’on tient compte de la croissance qui était attendue en 2020, la perte d’activité liée à la crise sanitaire peut être évaluée à 25 % », explique BPCE.

« Interrogés sur la solvabilité de leur entreprise, 70 % des dirigeants ont un jugement réservé sur la solidité de leur bilan et 23 % le jugent fragile. Les deux principales difficultés rencontrées par les entreprises du fait de la crise sanitaire sont la baisse de la demande et les problèmes de trésorerie. Les préoccupations sur l’endettement et les fonds propres restent en retrait, ce qui montre que les entreprises sont toujours marquées par l’impératif de survie », poursuit l’étude

« Le retour à la normale de l’activité est envisagé au plus tard à l’horizon fin 2022 pour près de 80 % des entreprises du sport », ajoute BPCE, devenu, avec ses marques Banque Populaire, Caisse d’Épargne, Banque Palatine et Natixis, le premier partenaire premium de Paris 2024, le 13/09/2018.
"La filière sport retient son souffle", une étude du Groupe BPCE - © BPCE
"La filière sport retient son souffle", une étude du Groupe BPCE - © BPCE

La filière sport en France en 2018

  • 360 000 associations.
    • 115 000 emplois.
    • budget total : 13,1 milliards d’euros.
  • 112 000 entreprises.
    • 333 000 emplois.
    • 77,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires.

      BPCE, « La filière sport prend ses marques », étude publiée le 28/02/2020

Impact économique de la crise sur la filière sport = - 21 % d’activité en 2020

Baisse de 32 % du chiffre d’affaires pour le secteur du coaching et des professeurs de sport

Chute d’activité de la filière sport - © BPCE

• « Le secteur du coaching et des professeurs de sport, qui est par nature à forte interaction sociale, serait le plus affecté par la crise économique en 2020 avec une baisse de 32 % du chiffre d’affaires. La baisse d’activité serait supérieure à 50 % pour plus d’un tiers des coachs et professeurs de sport qui constituent à eux seuls plus de la moitié des 112 000 entreprises du sport identifiées par BPCE L’Observatoire.

• D’un côté, les services (média et publicité), évènementiel et sport professionnel, et de l’autre, le secteur de la gestion, maintenance et entretien d’installations sportives subiraient une chute d’environ 30 % de leur activité en 2020 (contre 21 % pour toutes les entreprises de la filière). 

• L’activité industrielle, dans la fabrication d’articles et d’équipements sportifs, aurait baissé d’environ 22 % en 2020, en ligne avec la récession moyenne dans le sport.

• Les salles et clubs de sport enregistreraient un recul analogue de leur chiffre d’affaires en 2020 (- 21 % en moyenne) mais avec une médiane plus en retrait. 

• L’activité de la vente ou location d’articles de sport, et du commerce de gros baisserait d’environ 12 % en 2020, soit une récession marquée mais moins profonde que l’ensemble de la filière. »

Filière sport : impact sectoriel contrasté de la crise - © BPCE

• « L’activité des plus petites entités de ce secteur est plus dégradée que celles de taille supérieure et 89 % des salles et clubs de sport enregistreraient une baisse, souvent très significative, de leur activité en 2020, contre 77 % pour la moyenne des entreprises de la filière.

• Les TPE-PME auraient connu une baisse d’activité plus marquée de l’ordre de - 30 % (contre -12 % en moyenne). »

BPCE L’Observatoire

11 000 créations d’entreprises dans la filière sport en 2020

Evolution des créations d’entreprises et des défaillances dans la filière sport en 2020 - © BPCE

• « La filière sport enregistre seulement 605 défaillances en 2020, en baisse de 28 % par rapport à 2019, soit son plus bas niveau depuis plus de dix ans.

• Cette récession profonde n’a pas cassé la dynamique générale de la création d’entreprises puisque plus de 11 000 nouvelles entités ont été créées dans la filière sport en 2020. Ce chiffre est certes en baisse de 17 % par rapport à l’année dernière mais il reste à un niveau élevé et proche du nombre d’entreprises créées en 2017.

• L’enseignement-coaching concentre environ les deux tiers des créations d’entreprises du sport ces dernières années. En 2020, malgré une chute estimée de 32 % de l’activité, plus de 7 600 entreprises ont été créées dans l’enseignement-coaching qui sont quasi- exclusivement des entreprises sans salarié. »

Associations sportives : 70 % déclarent une baisse de leur budget en 2020

Impact de la crise sur les associations sportives - © BPCE

« • La crise de la Covid-19 n’a effectivement pas épargné les associations sportives dont la baisse moyenne des revenus est estimée à environ 30 % en 2020 (par rapport à 2019) selon l’enquête CSA-BPCE.

• 71 % des associations sportives interrogées déclarent une baisse de leur budget en 2020. Les situations critiques seraient fréquentes puisqu’une association sur cinq déclare une baisse de son budget supérieure à 50 %. À l’inverse, le budget serait stable pour 24 % des associations sportives interrogées et en hausse pour 6 % d’entre elles.

• Cette forte sensibilité des associations sportives à la crise est due au fait que leurs ressources reposent moins sur des subventions publiques et davantage sur les revenus des usagers (licences, adhésions, évènements, …) : 

 - 70 % du budget sont constitués des cotisations des adhérents et des recettes liées à la tenue d’évènements, qui ont été souvent annulés ;
 - Les aides publiques, qui sont des ressources stables, ne représentent que 22 % du budget des associations sportives alors que ce ratio est en moyenne à 45 % pour l’ensemble des associations. »

BPCE L’Observatoire

Une réponse multiforme à la crise : peu d’entreprises du sport ont engagé au moins une transformation pour répondre à la crise (22 %)

Fin 2020, les entreprises disposaient en moyenne de quatre mois de trésorerie disponible

• « Les entreprises de plus de dix salariés disposent en effet de près de cinq mois et demi de trésorerie disponible, le secteur des services étant également dans une situation plus favorable que la moyenne.

• En revanche, un tiers des petites entreprises mais aussi des entités d’enseignement unipersonnelles estiment avoir moins de deux mois de trésorerie disponible, cette proportion atteignant près de 50 % concernant les salles de sport.

• Les entreprises réalisant plus de 1 M€ de chiffre d’affaires affichent une trésorerie de l’ordre de six mois d’activité, contre quatre mois environ pour les autres entités.

• 44 % des entreprises de plus de dix salariés estiment que la trésorerie devrait s’améliorer rapidement avec la reprise d’activité, contre seulement 30 % des entreprises de un à neuf salariés.

• Particulièrement impactés par la crise, les salles et les clubs de sport comptent parmi les plus exposés à un risque d’illiquidité : leur réserve de trésorerie disponible est estimée à moins de trois mois et ils sont presque la moitié à la situer entre zéro et deux mois. »

Près d’un quart des dirigeants du sport jugent leur bilan très fragile - © BPCE

• « Au total, 70 % des dirigeants ont un jugement réservé sur la solidité de leur bilan. Evaluant cette solidité avec une note de 0 à 3 sur une échelle de 10, 23 % d’entre eux jugent leur entreprise très vulnérable et 47 %, avec une note de 4 à 6, manifestent une préoccupation pour sa solvabilité. »

« Près de 60 % des salariés générant 66 % du chiffre d’affaires de la filière sport ont pu fonctionner en activité partielle en 2020 »

Filière sport en France : Un recours généralisé et multiforme des entreprises aux mesures de soutien public - © BPCE

• « Si le fonds de solidarité a aussi été largement utilisé par les entreprises, notamment les plus petites, les associations employeuses y ont également eu recours pour 30 % d’entre elles.

• Alors que près de la moitié des entreprises de plus de 100 000 euros de chiffre d’affaires ont eu recours au Prêt Garanti par l’État (PGE), les reports de charges sociales et surtout les aides territoriales ont été peu utilisés.

• Les associations employeuses ont eu majoritairement recours au report de charges sociales et ont bénéficié pour 22 % d’entre elles d’aides des collectivités locales en complément des soutiens de l’Etat.

• Concentrant près de 20 % du chiffre d’affaires de la filière et seulement 5 % de ses entités, la fabrication est le secteur qui a le plus fréquemment eu recours au PGE.

• 62 % entreprises ont dépensé au moins la moitié du montant prêté via le PGE et 31 % en ont dépensé l’intégralité.

• 57 % des montants prêtés à la filière sport dans le cadre des PGE étaient en moyenne encore disponibles fin 2020. »

70 % des entreprises du sport engagées dans un processus de transformation, fin 2020

• « Face à la crise liée à la Covid-19, les acteurs du sport se sont adaptés aux contraintes sanitaires afin d’assurer la continuité de leur activité. Ils sont néanmoins engagés dans un processus de transformation à deux vitesses : si la crise accélère les pratiques digitales, la diversification de l’offre reste limitée.

• Si 61 % des entreprises avaient d’ores et déjà pris part aux mutations en cours avant la crise, les salles et les clubs ainsi que les structures d’enseignement s’affichaient en retrait. Seules 6 % d’entre elles proposaient avant la crise des cours ou évènements à distance, tandis que quatre entreprises sur dix dans les autres secteurs de la filière avaient mis en place des outils de vente, un système de paiement ou de réservation en ligne.

• Les niveaux d’avancement pré-crise différaient également entre les entreprises liées à la pratique sportive : si une application pour smartphone avait déjà été développée par 20 % des salles et des clubs de sport, seuls 13 % des coachs et professeurs s’en étaient dotés. »

« Si moins de 10 % des entreprises ont diversifié leur offre de produits ou services entre mars et décembre 2020, 15 % comptent le faire à l’avenir »

Digitalisation et diversification, une transformation des entreprises à deux vitesses - © BPCE

• « En effet, si peu d’entreprises du sport ont engagé au moins une transformation pour répondre à la crise (22 %), elles étaient au total sept sur dix à s’être engagées dans ce processus à la fin de l’année 2020.

• Si une entreprise sur trois disposait d’un service de livraison direct avant la crise, elles sont désormais 41 % à en disposer et la quasi-totalité d’entre elles prévoit de le conserver après la crise. Si les intentions sont suivies d’effets, près d’une entreprise sur deux en sera prochainement dotée.

• Si moins de 10 % des entreprises ont diversifié leur offre de produits ou services entre mars et décembre, 15 % comptent le faire à l’avenir. Fin 2020, un tiers des entreprises avaient donc enclenché ce processus de diversification. À court ou moyen terme, près d’une entreprise sur deux devrait y être engagée.

• 25 % des entreprises sont préoccupées par la perspective de renoncer à des investissements dans les douze prochains mois et 37 % ont annulé un projet d’embauche.

• 44 % des entreprises anticipent que leur business model devra significativement s’adapter aux mutations actuelles. Pour 16 % des entreprises, il devra complètement se réinventer. »

BPCE L’Observatoire

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