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Exclusif Covid-19 : « Un football pro français sans vision, sans stratégie, sans tactique » (Christophe Bouchet)

Paris - Publié le lundi 11 mai 2020 à 10 h 01 - n° 182747 « Est-ce que Paris SG, l’OL, l’OM, Bordeaux, Rennes, etc. ont une volonté commune ? Sont-ils convaincus qu’ils iront plus loin ensemble ? Non, jamais ! Ils caressent toujours le secret espoir de tirer leur épingle du jeu. C’est mécanique : pas de vision, pas de stratégie, pas de tactique », affirme Christophe BouchetChristophe Bouchet, ancien président de l’Olympique de MarseilleOlympique de Marseille et ex-membre du conseil d’administration de la LFPLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue), à News Tank le 09/05/2020.

Celui qui est maire de Tours (Indre-et-Loire) depuis le 17/10/2017 dit ressentir « un agacement profond face à l’incapacité du football à voir l’opportunité rêvée de changer enfin son image », à l’occasion de la crise sanitaire causée par le coronavirus (Covid-19) qui a provoqué l’arrêt définitif des compétitions nationales suspendues depuis le 13/03/2020.

« Il y a une idée qui m’était venue à l’esprit et qui est une banalité, tellement elle est simple : il aurait simplement fallu que les joueurs disent qu’ils abandonnaient trois mois de salaire. Ou quatre, à négocier entre ce qu’ils reportaient et ce qu’ils abandonnaient vraiment », indique Christophe Bouchet.

Mais plus encore que les joueurs, sa critique vise la gouvernance du football professionnel français : « Les décisions qui sont prises ne vont jamais dans l’intérêt collectif. Le système français de clubs n’a jamais trouvé un système bien huilé. Depuis 20 ans, on n’a vu que des décisions dictées par les intérêts personnels des uns ou des autres. »

Christophe Bouchet épargne en revanche Noël Le GraëtNoël Le Graët, président de la FFFFFFFédération Française de Football : « Il est le seul à surnager pendant la crise, mais est-ce un bon indicateur ? On connaît ses qualités et c’est un homme très accroché à son territoire, qui a été maire de sa ville… Et puis, il y a un duo, avec Noël Le Graët président et une directrice générale (Florence HardouinFlorence Hardouin) affirmée, forte : cela fait la différence. »

L’ancien président de l’OM (2002-2004) prépare-t-il son retour dans le monde du football, lui qui a été distancé lors du premier tour des municipales, à Tours (sa liste de droite a obtenu 25,62 % des suffrages, contre 35,45 % pour la liste de gauche d’Emmanuel Denis), le 15/03/2020 ? « Ce n’est pas le sujet ! Mais le football est quand même le sport que j’aime. C’est ma contribution, je veux donner à penser, donner à réfléchir. »

Christophe Bouchet répond aux questions de News Tank.
Christophe Bouchet - © Ville de Tours
Christophe Bouchet - © Ville de Tours

« Le football français de clubs s’est malheureusement décroché de la société » (C. Bouchet)

« Indécence », « chamailleries », « cour du roi Pétaud »… Pourquoi une critique aussi virulente du football professionnel français dans L'Équipe, le 30/04/2020 ?

Interview de Christophe Bouchet dans L'Équipe du 30/04/2020 - © D.R. C’est un agacement profond face à l’incapacité du football à voir l’opportunité rêvée de changer enfin son image. Le football avait l’occasion de se remettre en ligne au sein de la société avec ses valeurs : générosité, partage…

Au lieu de ça, cela aurait pu être neutre, un encéphalogramme plat, mais pire que ça, on a eu du n’importe quoi : des discussions à n’en plus finir, des incohérences et des simagrées incroyables, des comportements qui laissent pantois quand on voit que Nasser Al-KhelaïfiNasser Al-Khelaïfi (président du Paris SG et de beIN Media Group) va négocier des droits TV avec un autre diffuseur, son concurrent Canal+ !

Est-ce que les uns et les autres mesurent bien la pantalonnade que cela montre ? Je crois malheureusement que le football français de clubs s’est décroché de la société. Alors que pour de nombreuses raisons, parfois injustifiées, le football français a mauvaise réputation (médiocrité autour de l’argent qui n’est pas une belle valeur en France ou autour de dirigeants qui se prennent la tête sur les problèmes de classements, de points, etc.), il avait une occasion en or de corriger ça.

Je suis agacé par ce gâchis ! Quand on voit les solutions proposées par les uns ou par les autres pour sortir de la crise, je me suis dit : c’est incroyable, cette incapacité totale à bien réagir !

Il y a tout de même eu de nombreuses initiatives de joueurs, de clubs, de syndicats, d’instances pour jouer un rôle sociétal dans cette crise sanitaire causée par le coronavirus. «  Dommage que des semaines de cacophonie aient fait oublier tout ce que fait le football fait de bien en matière de RSERSEResponsabilité sociale des entreprises », a ainsi regretté Nathalie Boy de la TourNathalie Boy de la Tour, présidente de la LFPLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue), le 30/04/2020…

Il aurait simplement fallu que les joueurs disent qu’ils abandonnaient trois mois de salaireSi peu, dans de si faibles proportions ! Il y a une idée qui m’était venue à l’esprit et qui est une banalité, tellement elle est simple : il aurait simplement fallu que les joueurs disent qu’ils abandonnaient trois mois de salaire. Ou quatre, à négocier entre ce qu’ils reportaient et ce qu’ils abandonnaient vraiment. Les joueurs sont fautifs. Les joueurs, les agents qui les représentent, leur syndicat (UNFPUNFPUnion Nationale des Footballeurs Professionnels) font partie des principaux fautifs. Ils viennent de faire un communiqué qui sonne assez creux. Les grands mots, c’est bien, les actes c’est mieux !

Avec une belle action, les joueurs avaient l’opportunité d’emmener avec eux tout le public. En allégeant ainsi la masse salariale, cela aurait soulagé tout le monde. Franchement, les solutions étaient simplistes !

Le football français n’a jamais voulu réfléchir sur le long termeMais en fait, rien ne m’étonne : le football français n’a jamais voulu réfléchir sur le long terme. Je m’en souviens car j’étais en première ligne, pas à l’Olympique de Marseille, mais chez Lagardère (Sporfive) : comment j’ai bataillé, nous n’étions pas nombreux qu’on obtienne l’Euro, pour qu’on refasse les stades, pour qu’on ait une commission Stades… Franchement, tout ce côté structurel enquiquinait tout le monde !

Pourquoi ?

Il faut nettoyer les écuries d’Aulas !Par manque de vision. Pas de vision, donc pas de stratégie, donc des mauvaises tactiques ou alors des tactiques à la papa en fonction du nombre de points qu’on a au milieu de la saison pour décider si on doit passer à 18, si deux ou trois clubs doivent monter… Tout ça, c’est de la petite boutique qui n’a plus lieu d’être. Il faut nettoyer les écuries d’AulasJean-Michel Aulas ! (dans la mythologie grecque, le nettoyage des écuries d’Augias fait partie des 12 travaux d’Hercule).

Bernard Caïazzo, président de Première Ligue (à g.), et Jean-Michel Aulas, président de l’OL et du Collège de Ligue 1 - © DC

Mais est-ce de la faute des hommes ou de l’organisation ?

Les hommes sont responsables du système et sont à l’origine des décisions qui sont prises et qui ne vont jamais dans l’intérêt collectif. Le système français de clubs n’a jamais trouvé un système bien huilé. Depuis 20 ans, on n’a vu que des décisions dictées par les intérêts personnels des uns ou des autres !

En NBA ou en Formule 1, un homme a réussi à mettre en ordre de marche un dispositif collectifMais qu’est-ce qui fait la valeur de la NBANBANational Basketball Association, Ligue professionnelle nord-américaine de basketball. ou de la Formule 1 ? C’est qu’à un moment, un homme a réussi à mettre en ordre de marche un dispositif collectif. Ce n’est d’ailleurs pas toujours le plus aimé des hommes : David Stern (NBA, décédé le 01/01/2020) ou Bernie Ecclestone (Formule 1), on n’a pas forcément envie de les croiser dans la vie, mais ils ont mis tout le monde en ligne en disant : « Celui qui dévie, je le fous dehors ! » Dans le football français, dès qu’il y a un problème d’arbitrage, de VARVARVideo Assistant Referee (assistance vidéo à l'arbitrage), de calendrier, ça va être à qui sort la bêtise la plus grosse, c’est incroyable !

Ils voulaient une gouvernance falote ou tout du moins à leur mainPourquoi ont-ils viré Frédéric ThiriezFrédéric Thiriez de la présidence de la Ligue en 2016 ? Parce qu’il ne leur convenait plus, il avait pris trop d’importance dans le système. Ils voulaient une gouvernance falote ou tout du moins à leur main, ce qu’ils ont obtenue. Je sais comment cela s’est passé de l’intérieur, puisque j’y étais : il y a eu une fausse concurrence pour désigner le directeur général exécutif (Christophe Bouchet était candidat au poste de directeur général en février 2016). Jean-Claude BlancJean-Claude Blanc (Paris SG), Bernard CaïazzoBernard Caïazzo (AS Saint-Étienne) et Jean-Michel AulasJean-Michel Aulas (Olympique Lyonnais) avaient choisi de longue date Didier QuillotDidier Quillot pour qu’il ne leur fasse pas d’ombre.

On lui avait vendu un poste de PDG, mais après, ils se sont dit que ça allait faire trop, qu’il n’était peut-être pas si dépendant que ça et ils ont élu une présidente. Diviser pour mieux régner.

Qui a fait l’appel d’offres pour les droits TV 2020-2024 ? C’est Mathieu FicotMathieu Ficot, ce n’est ni Nathalie Boy de la TourNathalie Boy de la Tour, ni Didier Quillot, tout le monde le sait. Et Mathieu Ficot était déjà à la LigueLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue) du temps de Frédéric Thiriez.

Nathalie Boy de la Tour, présidente de la LFP, et Didier Quillot, directeur général exécutif, au siège de la Ligue, le 11/03/2020 - © FB

Mais la gouvernance de la LFPLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue) mise en place en 2016 est en cours de réexamen avant les prochaines élections…

Le football français n’a toujours pas compris qu’on est plus puissant à plusieursIls ont dicté une gouvernance qui ne tient pas la route. Et qui ne tiendra pas la route tant que ne soufflera pas sur la LigueLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue) un véritable esprit collectif ! Le football français n’a toujours pas compris qu’on est plus puissant à plusieurs. Ils sont indécrottables ! En 2004, quand on a obtenu 600 millions d’euros de droits TV alors qu’on ne tablait que sur 500 M€, je leur ai dit de mettre 100 M€ de côté. Mais qu’est-ce que je n’avais pas dit là ! C’était insensé, alors que n’importe lequel de ceux qui étaient autour de la table, au niveau de son entreprise, il aurait fait ça.

Noël Le GraëtNoël Le Graët, le président de la FFFFFFFédération Française de Football, dénonce souvent les strates de gouvernance trop nombreuses à son goût : Bureau et conseil d’administration de la LFP, Collège Ligue 1, Collège Ligue 2, Première LiguePremière LigueSyndicat de présidents de clubs professionnels de football français, créé le 01/09/2015, UCPFUCPFUnion des Clubs Professionnels de Football, tout ça pour gérer le microcosme du football professionnel français…

Ce milieu s’est balkaniséIl a raison, il connaît bien la mécanique. Ce milieu s’est balkanisé. Certains avaient la qualité pour porter la Ligue 1. Mais trop imprégnés de leurs intérêts personnels et incapables de les dissimuler, ils n’y sont jamais arrivés. Jean-Michel Aulas, franchement, aurait pu le faire, il en avait la capacité, mais faute d’authenticité, ils ne lui ont pas donné le pouvoir.

A ceci s’ajoutent l’instabilité chronique au niveau des représentants de l’Olympique de Marseille, de l’AS Monaco, le particularisme pour ne pas dire l’anomalie Paris Saint-Germain : tout cela rend difficile une construction cohérente et solide.

Est-ce que Paris SG, l’OL, l’OM, Bordeaux, Rennes, etc. ont une volonté commune ? Sont-ils convaincus qu’ils iront plus loin ensemble ? Non, jamais ! Ils caressent toujours le secret espoir de tirer leur épingle du jeu.

Ligue 1 Conforama : classement définitif 2019-20 acté par le conseil d’administration de la LFP le 30/04/2020 et basé sur le nombre de points pris par match joué - © LFP

La Ligue n’a jamais été placée face à ses contradictionsC’est mécanique : pas de vision, pas de stratégie, pas de tactique. Mais comme le paysage audiovisuel s’est bien renouvelé, la Ligue n’a jamais été placée face à ses contradictions. Pourtant, il y a bien un jour où les 1,3 milliard d’euros de droits TV annuels sur 2020-2024 vont redescendre à 700 M€ : ça arrivera, dans tous les business, il y a des effets de cycles. Cela mettra fin à l’impunité, à la magie, à la martingale : il y a un sentiment de martingale et les gens ne se sentent pas concernés.

Les joueurs, disiez-vous, ont aussi leur part de responsabilité ?

Quel joueur s’est mis en avant ?Tout à fait ! Quel joueur, de n’importe quelle équipe de France, toutes générations confondues, s’est mis en avant et a dit : « Bon, organisons quelque chose ! » ? Qui ? Cela aurait pu être la génération 1986, celle de 1998, celle de 2018… Tous ces joueurs qui nous parlent sans cesse de générosité, de partage, de public, d’amour du sport, etc. Pas un ne s’est mis en avant sur ce dossier !

C’est une vraie occasion manquée, selon vous ?

Bien sûr, c’est ce qui me rend chèvre. Un gâchis. Toutes les planètes étaient alignées avec l’argent de Mediapro au bout du tunnel. Tout le monde pouvait montrer une vraie générosité, que le football fasse vraiment société. Tout le monde est passé à côté.

Pourtant, la RSERSEResponsabilité sociale des entreprises a pris une grande importance dans le sport et dans le football !

Je sais que les clubs font des choses et le discours de Nathalie Boy de la Tour est sensé. Mais collectivement, le football n’arrive pas à trouver des solutions… 

…à la hauteur de la crise ?

Attention à ne pas trop dégrader l’image du produit !Exactement, car qu’est-ce qu’il ne faut pas oublier ? A la fin, qu’est-ce qui fera toujours la différence ? C’est le produit et l’image du produit. Si on réfléchit à long terme, attention à ne pas trop dégrader l’image du produit ! Le football, dans les 20 prochaines années, sauf s’il y a une révolution covid, va continuer, mais l’image ne grandit jamais. Elle se dégrade peu, finalement, mais ne grandit jamais.

Les stades français restent peu remplis, l’adhésion aux clubs, dans les régions, demeure timide, timorée…

Est-ce que la Ligue possède un véritable laboratoire recherche et développement ?Sans doute partons-nous de plus loin, mais il y aurait tant de choses à faire. Quelques questions  simples : sur les 1,3 milliard d’euros annuels que les clubs vont toucher, est-ce que 50 M€ vont être mis dans la solidarité ? Je ne parle pas de la Ligue 2, de la taxe Buffet, etc., mais d’une authentique solidarité. Est-ce que 50 M€ vont être mis sur le dossier comment on prépare l’avenir ? Est-ce que la Ligue possède un véritable laboratoire recherche et développement ? A-t-elle les capacités pour prévoir les coups durs ? Non ! Tout ça fait qu’il n’y a pas de réflexion sur l’avenir. Il n’y a même pas de réflexion sur ce que sera le football dans 10 ans. Et pourtant, attention, les choses changent, évoluent. 

C’est le court-termisme que vous dénoncez ?

Ne pourrait-on pas rattacher un peu plus les clubs à leur territoire ?Et l’absence de réflexion. Y a-t-il une réflexion autour de ce satané arrêt Bosman (décision de la Cour de justice des Communautés européennes du 15/12/1995 qui a supprimé dans les sports collectifs toute limitation liée à la nationalité au sein de l’Union européenne) ? Ne pourrait-on pas rattacher un peu plus les clubs à leur territoire, d’une façon ou d’une autre ? Il y a peu de réflexion… On parle de relocalisation avec le Covid-19, c’est peut-être le moment d’y réfléchir. Car croyez-moi, à un moment, le Championnat des pays de la péninsule arabique, via nos clubs payant des mercenaires, va lasser. Ce n’est pas pour tout de suite, mais…

Il y a des élections à FFFFFFFédération Française de Football qui ont été décalées du 12/12/2020 au 13/03/2021 , il y aura auparavant des élections à la LFPLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue)… A propos de la FFF, vous épargnez plutôt Noël Le Graët dans vos critiques ?

A la FFF, le duo Noël Le Graët - Florence Hardouin fait la différenceIl est le seul à surnager pendant la crise, mais est-ce un bon indicateur ? On connaît ses qualités et c’est un homme très accroché à son territoire, qui a été maire de sa ville, il a une gamme d’expériences qui n’est pas celle des autres, c’est un homme aussi qui a souffert… Tout ceci est à prendre en ligne de compte. Et puis, il y a un duo, avec Noël Le GraëtNoël Le Graët président et une directrice générale (Florence HardouinFlorence Hardouin) affirmée, forte : cela fait la différence. Je crois que la LigueLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue) ne voudrait pas d’une Florence Hardouin car ils auraient trop peur de perdre pied…

Noël Le Graët et Florence Hardouin - © FFF

Quelle réforme de la gouvernance serait susceptible de permettre à la LigueLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue) d’être plus efficace ?

La gouvernance à deux têtes de la LFP est un bricolageLa gouvernance à deux têtes, présidente - directeur général exécutif, est un bricolage qui n’avait pas été prévu comme ça. Il était prévu que le directeur général devienne PDG, à la mode anglo-saxonne. Mais pour des raisons d’inquiétude sur les pouvoirs du PDG, ils ont voulu équilibrer les choses, de façon très politique : le résultat est évident…

Une complexité nouvelle avec le QatarIl faudrait simplifier, donner des moyens de recherche importants au marketing relationnel et voir comment on avance. Les clubs n’ont jamais voulu créer des moyens communs sur des sujets importants comme le merchandising : il y a toujours eu des discussions sans fin, on va le faire tout seul dans notre coin, etc. Mais ce sont des secteurs où la puissance de feu compte énormément. Depuis quelques années, il y a une complexité nouvelle avec le Qatar. C’est difficile de bâtir quelque chose d’équilibré avec un partenaire comme celui-là.

Et il y a ces deux syndicats de présidents de clubs, Première LiguePremière LigueSyndicat de présidents de clubs professionnels de football français, créé le 01/09/2015 et UCPFUCPFUnion des Clubs Professionnels de Football, qui se rapprochent, dit-on, depuis des mois, à tel point qu’ils devraient finir un jour ou l’autre par se réunir…

Bernard Caïazzo agit comme un aficionadoEst-ce que Bernard CaïazzoBernard Caïazzo, président de Première Ligue, a un mandat pour aller discuter avec Claude MichyClaude Michy, président de l’UCPF ? Si oui, Bernard Caïazzo est-il la personne idéale pour aller négocier ? Bernard Caïazzo est quelqu’un de touchant, sensible et intelligent, mais il agit tellement comme celui qui ne veut pas se retirer, comme un supporter, comme un aficionado, alors que toute industrie qui charrie de l’émotion doit être dirigée par ceux qui ont la tête la plus froide. 

Une dernière question : pourquoi intervenez-vous ainsi aujourd’hui ? Avez-vous l’intention de revenir dans la football ?

Ce n’est pas le sujet ! Mais le football est quand même le sport que j’aime, ce sont les institutions que j’aime. Moi, j’ai fort à faire par ailleurs, donc ce n’est pas le sujet. Mais c’est ma contribution, je veux donner à penser, donner à réfléchir.

Christophe Bouchet

Fiche n° 9613, créée le 16/03/15 à 11:08 - MàJ le 18/05/20 à 12:18

Christophe Bouchet

Date de naissance : 12/11/1962

Parcours Depuis Jusqu'à
Ville de Tours
Maire Novembre 2017 Aujourd'hui
Novembre 2017 Aujourd'hui
Ville de Tours (Indre-et-Loire)
Maire Octobre 2017 Aujourd'hui
Octobre 2017 Aujourd'hui
Ma Dinghy
Associé - Fondateur Mai 2016 Aujourd'hui
Mai 2016 Aujourd'hui
Ville de Tours (Indre-et-Loire)
Adjoint au maire Mars 2014 à Octobre 2017
Mars 2014 Octobre 2017
Goald
CEO - Consultant en Stratégie et Marketing du Sport 2006 à 2016
2006 2016
Easi Marketing
CEO 2005 à 2016
2005 2016
Tours FC
Vice-président Janvier 2009 à Novembre 2011
Janvier 2009 Novembre 2011
Sportfive Limited
Directeur général 2007 à 2011
2007 2011
Ligue de Football Professionnel
Membre du conseil d'administration Décembre 2003 à Février 2005
Décembre 2003 Février 2005
SASP Olympique de Marseille
Président Juin 2002 à Novembre 2004
Juin 2002 Novembre 2004
Le Nouvel Observateur
Journaliste 1995 à 2002
1995 2002
AFP
Rédacteur en chef 1989 à 1995
1989 1995
AFP
Journaliste 1984 à 1989
1984 1989

 

 

Fin
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