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Dijon FCO : « Un club rentable qui a toujours reçu les félicitations de la DNCG » (Olivier Delcourt)

Paris - Publié le mercredi 11 septembre 2019 à 14 h 00 - n° 155776 « Si on me dit que le DFCO va rester les 15 ou 20 prochaines années en Ligue 1, ça me va parfaitement. C’est déjà exceptionnel pour une métropole de 220 000 habitants d’avoir un club à ce niveau. Beaucoup de villes souhaiteraient être à notre place. On est un club qui tient la route, rentable, qui a toujours reçu les félicitations de la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion », déclare Olivier DelcourtOlivier Delcourt, président du Dijon FCODijon FCO (Ligue 1 ConforamaLigue 1 Conforama1ère division française de football professionnel (20 clubs). Conforama (distribution d'ameublement et électroménager), partenaire naming 2017-2020 (7 M€ par saison).), à News Tank, le 09/09/2019.

« L’ambition à long terme est de se maintenir en Ligue 1 afin de continuer à développer nos infrastructures. Au mois de décembre 2020, on devrait pouvoir inaugurer notre centre d’entraînement dédié au groupe pro et en 2021 le nouveau centre de formation, au même endroit. Ce sont des choses très importantes car elles restent », ajoute celui qui est également président de la Dijonnaise de Voies Ferrées (travaux ferroviaires).

Bilan de la saison 2018-19, perspectives du Dijon FCO à moyen et long termes, hausse prochaine des droits TV de la Ligue 1 Conforama, tels sont quelques-uns des thèmes abordés par Olivier Delcourt, qui répond aux questions de News Tank.
Olivier Delcourt - © D.R.
Olivier Delcourt - © D.R.

La saison 2018-19 a été très éprouvante pour le club. Quel bilan en tirez-vous, alors que le DFCO participe à une 4e saison consécutive en Ligue 1 en 2019-20 ?

Certains joueurs en ont fait un peu moins la saison dernière, ce qui ne pardonne pas en Ligue 1On avait voulu, avec Olivier Dall’Oglio [alors entraîneur du club], garder notre effectif, suite à la 11e place obtenue en Championnat la saison précédente. On a fait ce choix qui n’a pas été concluant puisque certains joueurs avaient quand même des envies de départ. Ils sont restés et en ont fait, pour la plupart, un petit peu moins, ce qui ne pardonne pas en Ligue 1.

Notre bonne étoile nous a accompagnésNos trois victoires du début de saison ont été l’arbre qui cachait la forêt. Deux d’entre elles étaient même imméritées. On a ensuite enchaîné une série de défaites et on a eu du mal à redresser la pente. On a retrouvé un peu plus d’allant en deuxième partie de saison, mais on revient de nulle part en s’étant maintenu avec 34 points. Comme quoi, dans la vie, il faut toujours y croire. Notre bonne étoile nous a accompagnés.

En barrage, 80 ou 90 % de la France voulait voir monter le RC LensEn barrage, il y avait 80 ou 90 % de la France qui voulait voir monter le RC LensRC Lens (Domino’s Ligue 2Domino's Ligue 2Deuxième division française (20 clubs) ; contrat de sponsoring titre avec Domino's Pizza France pour 2016-2020), ce que je peux comprendre, vu l’engouement du public et l’histoire de ce club. Mais on ne devait pas gâcher cette chance d’avoir été jusqu’au barrage et on a réussi. Mais j’ai eu du mal à m’en remettre, même une fois le maintien acquis.

Le Dijon FCO s’impose 3-1 face au RC Lens lors du barrage d’accession en Ligue 1 Conforama, le 03/06/2019 - © VP

Qu’avez-vous changé à l’inter-saison pour ne pas revivre un exercice aussi pénible ?

Un nouvel entraîneur avec d’autres méthodes de travailLe changement de coach est très important car Antoine (Kombouaré) n’a pas souhaité continuer. Il y a donc un nouvel entraîneur, Stéphane Jobard, qui connait bien le club. On fait revenir quelqu’un du cru, qui a fait toute sa carrière ici, qui a été un joueur emblématique, capitaine, qui a passé son diplôme avec le DFCO, et qui est parti à MarseilleOlympique de Marseille pour vivre une autre expérience. C’est un gros changement car il a d’autres méthodes de travail.

Plus de qualité et moins de quantitéQuant à l’effectif, on souhaitait, avec mon directeur général Olivier Cloarec, faire en sorte qu’il soit plus restreint. Plus de qualité, moins de quantité, en intégrant plus de jeunes de notre centre de formation dont la qualité augmente.

On commence à récupérer des jeunes car ils savent qu’à Dijon, ils pourront jouer en pro plus facilementOn commence à attirer des joueurs qui étaient auparavant plus tentés de rejoindre de grands clubs comme l’Olympique LyonnaisOlympique Lyonnais ou l’AS Saint-EtienneAS Saint-Étienne. On commence à récupérer des jeunes car ils savent qu’à Dijon, ils pourront jouer en pro plus facilement.

L'équipe U19 Nationaux du Dijon FCO,vainqueur 3-2 de l’OL, le 08/09/2019 - © ML

Quel sont les objectifs du club pour 2019-20 ?

L’objectif du club, c’est d’être le plus haut possible partoutL’objectif du club, c’est d’être le plus haut possible partout. L’année dernière, les filles ont réussi à obtenir le maintien avec beaucoup de mérite, ce qui n’était pas chose aisée. Nos équipes de jeunes ont toutes super bien tourné, ce qui prouve la grande qualité de nos éducateurs. Les U17, les U19 et la réserve ont fini en haut du classement.

L’équipe première est la locomotive et permet de faire grandir le clubQuant à l’équipe première, qui est la locomotive, le fait qu’elle reste en Ligue 1 permet de faire grandir le club. Il faut donc qu’elle se maintienne le plus tôt possible pour que la situation soit la moins stressante possible pour tout le monde. Quand je vois les commentaires de la saison dernière, je dis aux gens qu’on souffre autant voire plus qu’eux, car on travaille pour le club au quotidien. On fait tous, administratifs, sportifs, bénévoles, ce qu’il faut pour maintenir le club au plus haut niveau et faire en sorte de ne pas reproduire les mêmes erreurs pour retrouver une certaine dynamique.

On attire au stade des gens qui viennent de plus en plus loinMalgré les mauvais résultats, nous avons augmenté le taux de fréquentation du Stade Gaston-Gérard la saison dernière, en passant de 12 600 à 13 200 spectateurs de moyenne par match. Cela signifie qu’il y a un véritable engouement. On remarque aussi qu’on attire des gens qui viennent de plus en plus loin. Certains viennent régulièrement de Besançon (Doubs), mais aussi de Belfort (Territoire de Belfort), Chalon-sur-Saône ou Mâcon (Saône-et-Loire). Ça fait chaud au cœur et on fait tout pour bien les accueillir.

Stade Gaston-Gérard (Dijon, FRA) - © VP

Le Dijon FCO affiche le 15e budget de Ligue 1 (38 M€) en 2019-20. Quelle est l’ambition d’un club de votre dimension à long terme ?

Nos infrastructures sont un peu obsolètesL’ambition à long terme est de se maintenir en Ligue 1 afin de continuer à développer nos infrastructures. Au mois de décembre 2020, on devrait pouvoir inaugurer notre centre d’entraînement dédié au groupe pro et en 2021 le nouveau centre de formation, au même endroit. Ce sont des choses très importantes car elles restent. On se rend compte qu’aujourd’hui, nos infrastructures sont un peu obsolètes et que quand on veut attirer de grands joueurs, il faut avoir les installations qui vont bien pour proposer les meilleures conditions d’entraînement.

L’argent est sans cesse réinvesti pour le clubSi on me dit que le DFCO va rester les 15 ou 20 prochaines années en Ligue 1, ça me va parfaitement. C’est déjà exceptionnel pour une métropole de 220 000 habitants d’avoir un club à ce niveau. Beaucoup de villes souhaiteraient être à notre place. Il faut se rendre compte de la chance qu’on peut avoir, du travail qui est fait. On est un club qui tient la route, rentable, qui a toujours reçu les félicitations de la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion. Une entreprise qui se développe doit être rentable. L’argent est sans cesse réinvesti pour le club et on en met toujours de côté pour pouvoir passer les moments difficiles s’ils arrivent.

Ligue 1 ConforamaLigue 1 Conforama1ère division française de football professionnel (20 clubs). Conforama (distribution d'ameublement et électroménager), partenaire naming 2017-2020 (7 M€ par saison). 2019-20 : le Dijon FCO lanterne rouge avec 0 point après 4 journées

Le Dijon FCO, dernier du classement de Ligue 1, ne compte toujours aucun point en 2019-20 après 4 journées - © LFP

En octobre 2017, vous démarriez une 2e saison consécutive dans l’élite et vous disiez alors que le DFCO était un club de Ligue 2 qui jouait en Ligue 1 ? Les choses ont-elles changé depuis ?

Le véritable écart, c’est entre les premiers de Ligue 1 et le 10ePour moi, même si on attaque la 4e saison de suite en Ligue 1, je rappelle que j’ai été président du DFCO en Ligue 2 pendant quatre ans. C’est vrai que si on arrive à se maintenir cette saison, on deviendra un peu plus un club de Ligue 1. Mais de la 10e place à la 20e place en Ligue 1 et de la 1ère à la 5e ou 6e place du championnat de Ligue 2, tous les clubs se valent. Le véritable écart, c’est entre les premiers de Ligue 1 et le 10e.

Je ne suis pas jaloux des autres car je sais le travail et la souffrance que cela impliqueIl y a eu de belles surprises la saison dernière et je suis très content pour les présidents de Reims ou de Nîmes par exemple. Je ne suis pas jaloux car je sais le travail et la souffrance que cela implique, et le bonheur que cela génère quand il y a des victoires.

Vous avez rappelé l’affluence en hausse à Gaston-Gérard en 2018-19 en dépit des mauvais résultats du club. Vous avez un petit stade que vous parvenez à bien remplir. Quelle est aujourd’hui votre marge de manœuvre pour améliorer vos revenus billetterie et matchday ?

On vient d’internaliser nos buvettes pour améliorer le réceptifOn vient d’internaliser nos buvettes pour améliorer le réceptif. Ce n’est pas pour nous vanter, mais le Dijon FCO est celui qui a un des meilleurs réceptifs de Ligue 1. C’est ce que tous les gens nous disent, tous les partenaires, mais aussi mes collègues présidents.

Quand on est proche des gens, on crée un état d’espritOn a des niveaux de prestation qui sont très importants pour les partenaires notamment, avec un restaurant étoilé par exemple. Ils sont très contents et c’est important car quand on invite des clients, il y a certes le match de foot, mais aussi derrière une soirée et on travaille beaucoup là-dessus.

6 000 abonnés cette saison contre 5 900 la saison dernièreC’est aussi pour cela que beaucoup de monde vient, avec beaucoup de familles et de plus en plus de femmes qui accompagnent leurs maris et se prennent aussi au jeu. Quand on est proche des gens, et c’est aussi le cas des joueurs avec les supporters, on crée un état d’esprit. Les gens nous suivent et ont plaisir à venir au stade. On à 6 000 abonnés cette saison, contre 5 900 la saison dernière.

Une des buvettes du Dijon FCO au Stade Gaston-Gérard - © Dijon FCO

Quel regard portez-vous sur l’arrivée d’investisseurs étrangers en Ligue 1, à l’image du groupe britannique Ineos qui vient de reprendre l’OGC Nice ?

Faire attention que les investisseurs pérennisent les clubs au plus haut niveauJ’ai l’impression que dans quelques années, on sera l’un des derniers clubs régionaux appartenant à des chefs d’entreprise locaux. Cela fait partie de l’évolution du football. Il faut faire attention que les investisseurs pérennisent les clubs au plus haut niveau. A Dijon, on a la chance d’avoir un maire [François Rebsamen] qui aime le football et qui sait toute l’importance que cela a dans le rayonnement de sa ville. Il nous aide beaucoup, comme il le fait aussi pour les autres sports.

Jim Ratcliffe, président d’Ineos, a repris officiellement l’OGC Nice le 26/08/2019 - © D.R.

Avec les droits TV qui vont augmenter, il y a un effet d’aubaine et d’opportunité Mais j’ai bien peur que certains investisseurs, comme des fonds de pension, viennent surtout pour faire du business. Avec les droits TV qui vont augmenter en 2020-21, il y a un effet d’aubaine et d’opportunité que certains feront valoir quand il s’agira d’encaisser une plus-value en vendant leur club. Je ne vise personne et je souhaite que les clubs se développent. Mais dans un club comme Dijon, il y a des limites et des seuils qu’on ne pourra jamais atteindre, à moins qu’un jour on décide de céder le club à des investisseurs souhaitant mettre beaucoup d’argent.

Beaucoup d’étrangers viennent à Dijon pour la ville et le vignobleLes Américains sont venus à Bordeaux pour le football, mais pas seulement. En Bourgogne aussi, on a le football, mais aussi pleins d’autres atouts. Beaucoup d’étrangers viennent à Dijon pour la ville et le vignoble. C’est une région très attractive.

Les droits TV de la Ligue 1 vont considérablement augmenter, vous l’avez dit, à compter de la saison 2020-21. Est-ce l’année ou jamais pour se maintenir et pouvoir en profiter ?

Un joueur qui valait 20 ou 30 000 € il y a quelques années vaut aujourd’hui plutôt 50 ou 60 000Je ne sais pas si c’est l’année ou jamais, mais on s’aperçoit que c’est la course à l’armement. Au niveau du mercato, c’est de plus en plus compliqué pour tout le monde. On met de plus en plus de temps à clôturer les dossiers et les prix ne cessent de monter, les transferts comme les salaires des joueurs. Un joueur qui valait 20 ou 30 000 € il y a quelques années vaut aujourd’hui plutôt 50 ou 60 000. A nous d’être malins pour pouvoir recruter au meilleur « rapport qualité-prix ».

Cette nouvelle manne financière va creuser l’écart entre la Ligue 1 et la Ligue 2Cette nouvelle manne financière va creuser l’écart entre la Ligue 1 et la Ligue 2, même si les droits de celle-ci ont aussi été revalorisés. Il faut que la Ligue 2 et le National puissent vivre aussi, surtout si on veut avoir des joueurs qui s’y aguerrissent avant d’éclore au plus haut niveau.

Si on se maintient, on en profitera pour continuer à développer les infrastructuresA Dijon, nous ne mettrons pas tout cet argent dans les joueurs. Si on se maintient, on en profitera pour continuer à développer les infrastructures, notamment une dernière tribune du stade, et renforcer le management ou la partie administrative.

Dijon FCO - AS Saint-Etienne (1-2), le 10/08/2019 - © VP

La flambée des salaires des joueurs semble toutefois inévitable…

C’est plus compliqué pour nous en France quand on voit ce qu’on paie...L’inflation des droits TV ne va évidemment pas provoquer la baisse de la rémunération des joueurs qui en récoltent les fruits. C’est d’autant plus compliqué pour nous en France, quand on voit ce qu’on paie par rapport aux autres pays européens comme l’Espagne, l’Italie ou l’Angleterre en matière de taxes, de charges sociales et d’impôts.

MediaproMediapro a désigné cet été son directeur général en la personne de Julien BergeaudJulien Bergeaud. Etes-vous rassuré de voir les choses prendre forme, alors que plusieurs présidents de clubs s’étaient montrés sceptiques face aux délais à tenir pour monter la nouvelle chaîne du football français ?

Je fais confiance aux instancesIl y a eu un appel d’offres, un résultat, et je fais confiance aux instances. Il ne faut pas s’enflammer, mais il n’y a aucune raison que cela ne fonctionne pas. On a affaire à des spécialistes et j’ai toute confiance pour que les choses se mettent en place le mieux possible.

Ne pas trop anticiper pour le moment et agir avec l’argent qu’on aDe toute façon, s’il y avait un clash, tout le monde en subirait les conséquences. Il ne faut selon moi pas trop anticiper pour le moment, ne pas faire comme certains clubs, et agir avec l’argent qu’on a.

Olivier Delcourt

Fiche n° 1926, créée le 12/02/14 à 16:14 - MàJ le 13/10/17 à 11:11

Olivier Delcourt

Date de naissance : 26/03/1967

Parcours Depuis Jusqu'à
Dijon FCO
Président Mai 2012 Aujourd'hui
Mai 2012 Aujourd'hui
Dijonnaise de Voies Ferrées
Président Avril 1992 Aujourd'hui
Avril 1992 Aujourd'hui

Dijon FCO

Fiche n° 1010, créée le 06/02/14 à 18:33 - MàJ le 12/11/19 à 17:11

Dijon FCO

Activité  : club de football professionnel français

Partenaires officiels :
engie Ineo (génie électrique) : sponsor avant short
dalkia (services énergétiques) : sponsor arrière short
Leader Intérim (travail temporaire) : sponsor manche, depuis 2010-11
IPS (sécurité incendie) : sponsor pocket droit
DVF (entretien des voies ferrées) : sponsor pocket gauche
Transalp Renouvellement (entretien des voies ferrées) : sponsor dos de maillot extérieur
Caisse d'Épargne Bourgogne-Franche Comté (banque) : sponsor chaussettes et naming tribune Est, depuis février 2016, jusqu’en 2019-20 ; sponsor maillot exclusif en Coupe de la Ligue 2016-17
Suez (environnement) : sponsor maillot principal, maillots extérieur et third
Roger Martin (BTP) : sponsor maillot principal, maillot domicile

STCE (travaux) : sponsor short, 2018-19

Fournisseurs officiels :
Lotto (équipementier) : 2016-2020

Naming des tribunes du stade Gaston-Gérard :
• Tribune Nord : IPS (sécurité, incendie)
• Tribune Sud : Rougeot (travaux publics)
• Tribune Est : Caisse d’Épargne Bourgogne Franche-Comté (banque)
• Tribune Ouest : Doras (matériaux de construction et outillage)



Dijon FCO
17 rue du Stade
21000 Dijon - FRANCE
Téléphone : 03 80 65 09 65
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Fin
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