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Exclusif « Il y a un besoin d’homogénéisation entre la DNCG et le fair-play financier de l’UEFA » (J-M. Aulas)

Paris - Publié le vendredi 14 juin 2019 à 18 h 28 - n° 149803 « Je ne sais pas si ce sont uniquement les règles de la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion qui doivent aller vers le “financial fair-play” de l’UEFAUEFAUnion des Associations Européennes de Football ou si ce sont celles du “financial fair-play” qui doivent converger vers celles de la DNCG, mais ce que je sais, c’est qu’il y a un besoin d’homogénéisation, et l’opportunité se présente en ce moment de pouvoir accélérer le process », affirme Jean-Michel AulasJean-Michel Aulas, président de l’Olympique LyonnaisOlympique Lyonnais (Ligue 1 ConforamaLigue 1 Conforama1ère division française de football professionnel (20 clubs). Conforama (distribution d'ameublement et électroménager), partenaire naming 2017-2020 (7 M€ par saison).), à News Tank, le 13/06/2019.

Au lendemain du passage de son club devant la Commission de contrôle des clubs professionnels de la DNCG, Jean-Michel Aulas s’exprime sur la mission de la Direction Nationale du Contrôle de Gestion et sur la direction qu’il aimerait lui voir prendre au regard du succès du fair-play financier de l’UEFA à l'échelle européenne.

« L’UEFA a mis en place toute une série de paramètres qui n’existent pas s’agissant de la DNCG qui, elle, conformément à la mission qui est la sienne, prend en compte le fait de pouvoir terminer la saison. C’est-à-dire que quelle que soit l’origine des fonds, que ce soient des subventions, des fonds d’État ou des ressources de sponsoring surévaluées car appartenant au même groupe propriétaire du club, il n’y a plus de comptes à rendre à partir du moment où la trésorerie est là et qu’il n’y a pas de risques d’avoir une compétition qui serait faussée par l’arrêt des clubs en question », explique celui qui est également membre du comité exécutif de la FFFFFFFédération Française de Football.

« Ce serait bien qu’il y ait une convergence entre les deux systèmes de contrôle. Celui de la DNCG peut évoluer vers l’équilibre compétitif que porte le “financial fair-play” , lui-même en évolution également. Ce serait une mesure extrêmement intéressante sur le plan économique, mais aussi sur le plan du travail effectué par les clubs avec une simplification énorme. Il ne faut pas que le football français en reste à un niveau de contrôle de la trésorerie », ajoute Jean-Michel Aulas, qui répond aux questions de News Tank.
Jean-Michel Aulas, à Monaco, le 27/05/2019 - © D.R.
Jean-Michel Aulas, à Monaco, le 27/05/2019 - © D.R.

L’Olympique LyonnaisOlympique Lyonnais a une nouvelle fois passé l’étape de la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion sans problème, le 12/06/2019…

L'audition s'est bien passéeNotre audition devant le président de la DNCG, Jean-Marc Mickeler, et cinq membres de la commission s’est effectivement très bien passée, tant sur le fond que sur la forme.

« L’objectif premier de sa mission est de s’assurer qu’un club qui démarre une saison sportive aura les moyens financiers suffisants pour la terminer et participer ainsi à un championnat régulier, en toute équité avec les autres clubs », indique la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion pour décrire son action. Est-ce selon vous un objectif suffisant ?

C’était le fondement même de la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion que de faire en sorte que le Championnat ne puisse pas être altéré par un club éventuellement incapable de terminer la saison. Mais au fond, l’objectif devrait être aussi de faire en sorte qu’indirectement, le Championnat puisse être régulier et que l’ensemble des paramètres qui concourent à ce classement, au moins sur le plan économique et financier, soient assurés.

DNCG - © D.R.

Jean-Marc Mickeler a évoqué, lors de la présentation du rapport annuel de la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion sur les comptes 2017-18 des clubs français, le 13/03/2019, la mise en place d’un groupe de travail pour mettre notamment en œuvre de nouveaux indicateurs financiers dans le cadre du contrôle de la DNCG, notamment les ratios dettes / fonds propres et masse salariale / revenus hors transferts. Cette évolution vous satisfait-elle ?

Le résultat d’exploitation des clubs de première division a véritablement fonduC’est véritablement une préoccupation qui permet de prolonger la mission initiale de la DNCG, et surtout elle vient répondre à une très grande inquiétude qui est que l’année dernière, au 30/06/2018, le résultat d’exploitation des clubs de première division a véritablement fondu pour se retrouver dans le rouge.

Tout le monde est inquietCe résultat d’exploitation, avant donc les opérations de transfert et les abandons de créances, a atteint un déficit de 768 M€, ce qui traduit une évolution extrêmement inquiétante, à laquelle la DNCG réfléchit, et à laquelle la LigueLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue), par le biais de son conseil d’administration et plus récemment de son Assemblée générale, a souhaité apporter des réponses et surtout des anticipations. Car tout le monde est inquiet.

Jean-Marc Mickeler, président de la DNCG, au Stade de France, le 28/05/2018 - © DC

Les 700 clubs de 1e division en Europe ont cumulé un bénéfice de 615 M€ en 2016-17, a indiqué l'UEFAUEFAUnion des Associations Européennes de Football, le 18/01/2019. Un chiffre à mettre en perspective par rapport à celui de 1,7 milliard de pertes enregistrées en 2011, année d’introduction du fair-play financier. Quelques semaines plus tard, la DNCG présentait la perte cumulée des clubs de Ligue 1 à hauteur de 176 M€. Est-ce à dire que le modèle de réglementation financière à suivre est dorénavant celui de l’UEFA, alors que l’action de la DNCG a longtemps été perçue comme un exemple pour nos voisins ?

Le financial fair-play est un sujet que je connais assez bienIl faut revenir à l’historique du financial fair-play. C’est un sujet que je connais assez bien puisque j’ai assuré la présidence, pour le compte de l’ECAECA(European Club Association) Association des clubs européens, de cette commission qui a travaillé en premier lieu avec l’UEFA et avec tous les clubs européens.

Un redressement prodigieuxVous avez raison de mettre en parallèle cette évolution, d’un déficit d’exploitation d’1,7 milliard d’euros en 2011, jusqu’à ce bénéfice de plus de 600 M€. Il y a eu un redressement prodigieux avec des règles qui ne concernent pas uniquement la trésorerie, mais aussi le résultat d’exploitation et l’équilibre compétitif.

Le fair-play financier combat les règles de subventionnement illicite de clubsLe financial fair-play intègre dans ses règles non seulement l’obligation de faire mieux que 30 millions de déficit sur trois ans, mais il combat aussi des règles de subventionnement illicite de clubs, en particulier tous les contrats de sponsoring qui ne correspondent pas à des règles de marché, comme cela a par exemple été reproché à Manchester CityManchester City FC (Premier LeaguePremier LeagueLigue professionnelle qui gère la Premier League, la 1ère division professionnelle anglaise (20 clubs).). Dans ce cas, l’UEFAUEFAUnion des Associations Européennes de Football, par le biais de ses commissions, retraite les valeurs réelles pour que l’équilibre compétitif entre les clubs soit respecté et qu’on n’ait pas des gens qui dépensent chaque année 800 M€ pour avoir le meilleur club par rapport à des clubs qui génèrent leurs propres ressources de manière tout à fait naturelle.

UEFA : rapport benchmarking 2017

La DNCG prend uniquement en compte le fait de pouvoir terminer la saisonL’UEFA a ainsi mis en place toute une série de paramètres qui n’existent pas s’agissant de la DNCG qui, elle, conformément à la mission qui est la sienne, prend en compte le fait de pouvoir terminer la saison. C’est-à-dire que quelle que soit l’origine des fonds, que ce soient des subventions, des fonds d’État ou des ressources de sponsoring surévaluées car appartenant au même groupe propriétaire du club, il n’y a plus de comptes à rendre à partir du moment où la trésorerie est là et qu’il n’y a pas de risques d’avoir une compétition qui serait faussée par l’arrêt des clubs en question.

Quand la DNCG réfléchit à des ratios complémentaires qui vont dans le bon sens, j’applaudis à deux mainsLa DNCG a un niveau de compétence extraordinaire, comme en témoigne le fait que son président Jean-Marc MickelerJean-Marc Mickeler ait été nommé responsable mondial du plus grand cabinet d’audit qu’est Deloitte. La question qui se pose est donc celle d’une réflexion stratégique. A un moment donné, quand la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion réfléchit à des ratios complémentaires qui vont dans le bon sens, j’applaudis à deux mains. En tant qu’investisseur dans le football français, en tant que membre du comex de la FFFFFFFédération Française de Football, mais aussi, sans prétention, en tant qu’expert économique et financier, mais aussi dans une fonction d’entrepreneur, j’ai toujours une grande appétence pour l’économie, l’économie de marché en particulier, et je me dis qu’il faut peut-être que la DNCG réfléchisse à quelque chose qui a fait ses preuves au niveau européen.

Si demain matin, le marché des transferts s’écroule, tous les clubs français seront en difficulté J’insiste pour dire que le résultat d’exploitation des clubs français est très négatif. Ce chiffre de - 768 M€ fait frémir. Si demain matin, le marché des transferts s’écroule, cela veut dire que tous les clubs français seront en difficulté et ce n’est plus alors le problème d’un club qui ne finit pas la saison car il n’en a pas les moyens, c’est le problème de l’équilibre compétitif de l’ensemble des clubs, et en macro-économie, de l’équilibre économique de l’ensemble du football professionnel français.

Rapport 2017-18 de la DNCG : les chiffres clés (comptes cumulés Ligue 1 - Ligue 2) - © DNCG

Aller beaucoup plus loin pour anticiper les difficultés majeures à venir dans le football françaisC’est pour cette raison que je me suis permis d’intervenir à la LigueLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue) (lors de l’Assemblée générale du 06/06/2019) pour dire que si on réfléchit à des mesures de prévention économique globale, et je m’adresse ici à la Ligue, mais aussi à la FédérationFFFFédération Française de Football et au ministère des Sports, il me semble que le moment est venu d’aller beaucoup plus loin pour anticiper un certain nombre de difficultés majeures à venir dans le football français.

Du travail en double qui n’est pas cohérent ni homogènePar ailleurs, j’ai aussi dit quelque chose qui est tout à fait patent et logique, qui est qu’aujourd’hui, les meilleurs clubs français jouent la compétition européenne. C’est paradoxal que ces clubs-là, et l’OL en fait partie puisque nous disputons pour la 23e fois de suite une Coupe d’Europe, soient soumis au “financial fair-play” et qu’on soit obligé de faire toute une série de retraitement par rapport à ce qui est déjà fait par la DNCG. Pour les équipes financières comme pour les investisseurs que je représente, c’est du travail en double qui n’est pas cohérent ni homogène.

Une convergence entre les deux systèmes de contrôleCe serait bien qu’il y ait une convergence entre les deux systèmes de contrôle. Celui de la DNCG peut évoluer vers l’équilibre compétitif que porte le “financial fair-play” , lui-même en évolution également. Ce serait une mesure extrêmement intéressante sur le plan économique, mais aussi sur le plan du travail effectué par les clubs avec une simplification énorme.

Il ne faut pas que le football français en reste à un niveau de contrôle de la trésorerie.

La DNCG doit aussi se préoccuper de l’équilibre compétitifCette saison, quand le Paris SGParis Saint-Germain va jouer à LilleLOSC Lille à la 32e journée, il a 20 points d’avance. Il s’incline largement (5-1, le 14/04/2019) et de façon incroyable parce qu’il est déjà champion. La DNCG doit aussi se préoccuper de l’équilibre compétitif. Les règles du “financial fair-play” ont cet avantage de permettre d’intégrer des règles de compétitivité qui donnent à tout le monde la perspective de pouvoir gagner et de pouvoir participer à une compétition européenne.

L’excellent travail de la DNCG pourrait être prolongé par une homogénéisation avec le financial fair-playA un moment où la LFP s’est élevée contre la réforme de la Ligue des champions, je me dis que c’est bien aussi de s’interroger sur ses propres règlements qui permettraient de faire évoluer dans le bon sens tout une série de règles qui protègent évidemment les clubs par l’excellent travail que fait la DNCG, mais qui pourrait être prolongé par une homogénéisation avec le financial fair-play.

L’opportunité se présente en ce moment de pouvoir accélérer le processJe ne sais pas si ce sont uniquement les règles de la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion qui doivent aller vers le “financial fair-play” ou si ce sont celles du “financial fair-play” qui doivent converger vers celles de la DNCG, mais ce que je sais, et je m’en suis entretenu avec Jean-Marc Mickeler, c’est qu’il y a un besoin d’homogénéisation. L’opportunité se présente en ce moment de pouvoir accélérer le process.

A. Ceferin (UEFA) et J-M. Aulas (OL) - © D.R.

Que répondez-vous à ceux qui vont vous accuser de vouloir surtout nuire au Paris SG et à l’Olympique de MarseilleOlympique de Marseille en proposant d’introduire au niveau national les règles du fair-play financier de l’UEFA ?

Certains critiquent cette règle mais pourquoi participent-ils alors aux compétitions de l’UEFA ?Vous ne pouvez pas empêcher les gens qui ont des choses à se reprocher de vouloir critiquer ceux qui approchent l’économie par le bon bout, c’est-à-dire une économie de marché dans un cadre d’équilibre compétitif. Certains critiquent cette règle, mais pourquoi participent-ils alors aux compétitions de l’UEFA ? Me reprocher cela, c’est vraiment de la mauvaise foi, alors que tout le monde applaudit à deux mains les règles du “financial fair-play” .

Les droits de la Ligue des champions rapportent beaucoup plus que ceux de la Ligue 1D’ailleurs, les enjeux économiques au niveau européen sont déterminants pour ces clubs-là, car l’apport de l’UEFAUEFAUnion des Associations Européennes de Football dans leurs ressources est considérable. Les droits de la Ligue des champions rapportent beaucoup plus que ceux de la Ligue 1. En 2017-18, le Paris SG a perçu environ 58 M€ de droits TV hexagonaux, et plus de 80 M€ au titre de sa participation à la Ligue des champions, sans aller très loin (élimination en huitième de finale).

Les investisseurs vont-ils continuer à venir s’il n’y a pas ces règles d’équilibre compétitif ?Je suis en harmonie avec des idées qui sont des idées d’équité et d’équilibre compétitif. Comme je l’ai rappelé à Monaco (lors de la 4e Convention des clubs professionnels français, le 27/05/2019), je défends l’attractivité du football français. Croyez-vous que les investisseurs vont continuer à venir s’il n’y a pas ces règles d’équilibre compétitif ? Ils vont aller en Angleterre, en Allemagne, en Espagne, des pays qui ont choisi des règles proches de celles du “financial fair-play” pour le contrôle de leurs clubs au niveau domestique.

Sylvinho, J-M. Aulas et Juninho, le 28/05/2019 - © D.R.

Avez-vous eu déjà des retours auprès de vos pairs, des dirigeants de la LFPLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue) et de la FFFFFFFédération Française de Football sur cette idée ? Et au niveau international (ECAECA(European Club Association) Association des clubs européens, UEFAUEFAUnion des Associations Européennes de Football) ?

A la LFP, à la FFF et à la DNCG, mes remarques ont été saluées avec intérêtJe n’ai pas vraiment eu encore de remarques en direct, mais j’ai lu la presse. Si celle-ci indique que cela pourrait gêner Marseille ou Paris, c’est peut-être que leurs dirigeants l’ont dit, mais pas à moi. A la LFPLFPLigue de Football Professionnel, association qui gère les compétitions professionnelles françaises (Ligue 1, Domino's Ligue 2, Coupe de la Ligue), à la FFFFFFFédération Française de Football et à la DNCGDNCGDirection Nationale du Contrôle de Gestion, mes remarques pleines de bon sens ont été saluées avec intérêt sur le plan de la finalité. S’agissant de l’appréciation des confrères concernés, je ne sais pas. Ce serait illusoire de penser que les règles en vigueur à l’UEFA, déplaisant à un certain nombre de clubs, ne soient pas appliquées en France, alors que ces mêmes clubs sont contraints de les accepter à l’échelle européenne.

L’UEFA rêve d’une harmonisation des règles de contrôle de gestionL’UEFA rêve quant à elle d’une harmonisation dans chacun des pays des règles de contrôle de gestion. En France, la DNCG opérerait alors ce contrôle qui ne serait pas fait deux fois. Ce serait bien pour les clubs et pour les Ligues.

J’ajoute que les règles de balance compétitive permettraient aussi, dans le cadre de la réforme de la Ligue des champions notamment, de faire en sorte qu’en France en particulier les 2e, 3e du Championnat aient plus de chances de participer à la Ligue des champions.

Groupama Stadium, le 16/05/2018 - © UEFA

N’y a-t-il pas un risque que le contrôle accru des clubs français, au-delà de ce peut faire aujourd’hui la DNCG, ne nuise à leur compétitivité par rapport à leurs voisins européens ?

Ce qui pénalise le championnat aujourd’hui, c’est qu’il soit à deux vitessesNon. Ce qu’on n’avait pas dans le passé, ce sont les investisseurs, les stades, les clubs qui sont susceptibles de jouer l’Europe qui sont attractifs et qui existent aujourd’hui. Derrière le Paris SG, vous avez six clubs qui sont susceptibles de se qualifier en Coupe d’Europe. Même le RC StrasbourgRC Strasbourg Alsace y accède aujourd’hui grâce à la Coupe de la Ligue. Vous avez aussi neuf grands stades.

Tout cela concourt à l’attractivité du football français. Ce qui pénalise le Championnat de France aujourd’hui, c’est qu’il soit à deux vitesses. Le fait qu’il y ait un Championnat Paris SG et un autre pour la 2e place peut lasser au contraire en matière d’attractivité. Les médias commencent à le dire, du fait du risque que cela comporte en termes d’affluences dans les stades ou d’audiences TV.

Il faut permettre à tout le monde de pouvoir disposer des mêmes capacités à créer des richesses économiques réellesLe Paris SG a fait ce qu’il fallait pour faire venir des joueurs de grand talent. Peut-être fallait-il lui laisser la possibilité de le faire au début, mais aujourd’hui, comme l’ont fait les Anglais, il faut permettre à tout le monde de pouvoir disposer des mêmes moyens, des mêmes capacités à créer des richesses économiques réelles pour pouvoir avoir une compétitivité accrue du championnat.

Paris SG, champion de France de Ligue 1 en 2018-19 - © Paris SG

Dans quelle mesure peut-on encore améliorer le fair-play financier de l'UEFAUEFAUnion des Associations Européennes de Football ?

Plafonner l’écart entre acquisitions et ventes sur une année à 100 M€L’UEFA travaille sur plusieurs choses et se préoccupe des investissements très importants sur une année. Faire en sorte qu’un club ne puisse pas dépenser 400 M€ sur des joueurs sans vendre pour au moins 300 M€. Il s’agit de plafonner l’écart entre les acquisitions et les ventes sur une même année pour un même club à 100 M€.

Mise en place d’une taxe de luxe pour les plus gros clubs à l'étudeLa mise en place d’une taxe de luxe pour les plus gros clubs, qui ont à la base de l’inflation, est aussi à l’étude. Toute inflation dans les transferts induit une inflation sur le plan des salaires. On voit en France qu’il y a un gouffre et que c’est de plus en plus difficile pour Marseille ou Lyon de justifier des salaires qui soient à la hauteur de ceux du Paris SG par exemple. L’UEFA est en train de travailler sur ces choses-là.

Augmenter, abaisser ou moduler la règle du déficit de 30 M€ sur trois ans en fonction du chiffre d’affairesL’autre aspect du travail de l’UEFA sur le sujet concerne les indicateurs sur lesquels travaillent aussi la DNCG, en particulier le ratio masse salariale / chiffre d’affaires qui inclurait ou pas les transferts, et un ratio entre fonds propres et endettement. On peut aussi imaginer une amélioration de la règle du déficit de 30 M€ sur trois ans, voir s’il faut l’augmenter, l’abaisser ou le moduler en fonction du chiffre d’affaires des clubs.

UEFA - © D.R.

On entend souvent qu’un risque existe que le fair-play financier soit un jour remis en cause par la Cour de justice de l’Union européenne, du fait qu’il constitue un frein à la libre concurrence. Qu’en pensez-vous ?

Il y a toujours un risqueLes GAFAGAFAGoogle - Amazon - Facebook - Apple : ces quatre grands groupes américains issus des technologies et d'internet forment l'acronyme GAFA.
Par extension, s'y sont ajoutés d'autres groupes américains issus d'internet et des télécommunications comme Snapchat, Twitter ou Yahoo (Altaba).
ont été sanctionnés par la Commission Européenne car leur système de fiscalité permet quelquefois de contourner la règle. Il y a toujours un risque. Il ne semble pas très important et en tout cas l’UEFA travaille en permanence avec la Commission européenne pour trouver des règles qui soient conformes tant à la liberté d’entreprendre qu’à la liberté de circulation des flux financiers, puisque c’est de cela dont on parle.

Mais il faut toutefois parfois aussi décortiquer les choses. J’ai lu que le Tribunal Arbitral du sport, qui est l’instance suprême des sujets sportifs à Lausanne (SUI), avait contredit l’UEFA sur le sujet du contrôle des comptes du Paris Saint-Germain. Or la décision a porté non sur le fond, mais sur la forme, pour une question de délai.

Économiquement, condamner le "financial fair-play" serait difficile à justifierJe n’ai pas de décision contraignante du TAS sur le fond qui vienne corroborer l’idée selon laquelle la Commission Européenne ou Bruxelles pourrait condamner le “financial fair-play” . Économiquement, je pense que cela serait difficile à justifier.

TAS (Château de Béthusy) - © TAS

Avez-vous en tête d’autres pistes qui permettraient à tous les clubs, de votre point de vue, de lutter à armes égales ?

Les règles de plafonnement des masses salariales permettent de contrôler les choses d’une autre manièreBien sur. La règle du “financial fair-play” a été pensée par d’éminents spécialistes, mais vous avez dans des compétitions plus fermées, notamment aux États-Unis, des règles de plafonnement des masses salariales qui permettent de contrôler les choses d’une autre manière. Mais pour le coup, je pense que la Commission européenne le sanctionnerait vraiment de manière spontanée.

Il faut que les Ligues domestiques instaurent cette balance compétitiveIl faut que les Ligues domestiques instaurent cette balance compétitive, qu’elles trouvent les critères qui font que l’équité soit permanente, soit sur le plan de l’investissement, soit sur le plan de la participation ou de l’origine des capitaux, soit via des indices de performance qui permettent de mesurer le rapport entre la performance sportive et l’investissement qui est octroyé.

Mesurer une sorte de ROI sportifSi, pour avoir des résultats sportifs, et non pas uniquement économiques, il vous faut dépenser 50 ou 100 fois plus que d’autres, il peut y avoir des règles qui permettent de mesurer cela. Une sorte de ROIROIReturn On Investment, retour sur investissement ou taux de rendement du capital investi. Ratio financier qui désigne le montant d’argent gagné ou perdu par rapport à la somme initialement investie. sportif par exemple. Ce sont des pistes de recherche, qui sont aussi à l’étude, je le suppose, à l’UEFA.

Jean-Michel Aulas, président de l’Olympique Lyonnais, à News Tank, le 13/06/2019

Jean-Michel Aulas

Fiche n° 1729, créée le 11/02/14 à 15:35 - MàJ le 18/09/19 à 21:54

Jean-Michel Aulas

Date de naissance : 22/03/1949

Parcours Depuis Jusqu'à
Ligue de Football Professionnel
Président du collège des clubs de Ligue 1 Septembre 2019 Aujourd'hui
Septembre 2019 Aujourd'hui
FIFA
Membre de la Professional Women’s Task Force 2019 Aujourd'hui
2019 Aujourd'hui
Cegid
Président fondateur non exécutif Avril 2018 Aujourd'hui
Avril 2018 Aujourd'hui
Fédération Française de Football (FFF)
Membre du comité exécutif Mars 2017 Aujourd'hui
Mars 2017 Aujourd'hui
Première Ligue
Vice-président Septembre 2015 Aujourd'hui
Septembre 2015 Aujourd'hui
European Club Association (ECA)
Président de la commission du football féminin 2013 Aujourd'hui
2013 Aujourd'hui
European Club Association (ECA)
Membre du comité exécutif Janvier 2008 Aujourd'hui
Janvier 2008 Aujourd'hui
Olympique Lyonnais
Président Juin 1987 Aujourd'hui
Juin 1987 Aujourd'hui
Cegid
Fondateur et président 1983 à Avril 2018
1983 Avril 2018
Ligue de Football Professionnel
vice-président 1991 à Avril 2017
1991 Avril 2017
FIFA
Membre de la commission stratégique 2012 à 2016
2012 2016
Union des Clubs Professionnels de Football (UCPF)
Vice-président, chargé de l’économie et des relations institutionnelles, politiques et internationales Septembre 1992 à Juillet 2015
Septembre 1992 Juillet 2015
G14 (lobby de clubs européens créé en 2000 et remplacé par l'ECA en 2008)
Président Mai 2007 à Janvier 2008
Mai 2007 Janvier 2008

• Officier de la Légion d’honneur (2017)

• Officier de l’Ordre National du Mérite (2012)


Olympique Lyonnais

Fiche n° 1148, créée le 06/02/14 à 18:33 - MàJ le 30/09/19 à 14:53

Olympique Lyonnais

Activité : club professionnel français (sections masculine et féminine)

Partenaires premium :
• adidas (équipementier), 2010-2025
• Hyundai (automobile) : sponsor maillot principal, jusqu’en 2019-20
• Veolia (énergie) : sponsor maillot principal en Ligue des champions

Partenaires majeurs, équipe masculine :
alila (promoteur immobilier) : sponsor dos de maillot en Ligue 1, 2016-2018, sponsor manche (2017-18)
Groupama Rhône-Alpes Auvergne (assurances) : sponsor pocket droit
Adéquat (services RH) : sponsor manche en Ligue 1, 2018-2020
• MDA (distribution) : sponsor pocket gauche
Deliveroo (livraison de repas à domicile) : sponsor haut du dos de maillot, 2019-2022

Partenaires officiels, équipe masculine :
FDJ-ParionsSports (loterie et paris sportifs) : 2018-2022
• Intermarché (distribution)
• Teddy Smith (prêt-à-porter) : sponsor short face avant, 2019-2021
• Orange (télécommunications)

Fournisseurs officiels, équipe masculine :
Chapoutier (vins)
Coca-Cola (boissons), partenaire fondateur Parc OL
Pernod Ricard (vins et spiritueux)
Descours & Cabaud (distribution professionnelle)
McDonald’s (restauration rapide) : 2015-2021
Groupe SLG (mode) / Moreteau (habilleur)
Caisse d'Épargne Rhône Alpes (banque) : depuis 2012-13, jusqu’en 2022-23
Radio Espace (radio)
• EA Sport (éditeur de jeux vidéo)

Partenaire régional :
• Atlantic
(chauffage)

Partenaires premium, équipe féminine :
• adidas (équipementier)
April (assurances) : sponsor maillot principal en championnat, depuis 2011, jusqu’en 2019-20
Sword (consulting et IT) : sponsor maillot principal en Ligue des Champions et sponsor épaule 2017-2020

Partenaires majeurs, équipe féminine :
Groupe em2c (promoteur et constructeur immobilier)
Vicat (matériaux de construction) : sponsor dos de maillot
Keolis (transport public)
Leroy Merlin (magasins de bricolage) : sponsor pocket gauche
Job Station (agence d’intérim)
Stal Participations (travaux publics) : depuis 2019, partenaire de l’OL depuis 20 ans
Mastercard (solutions de paiement) : 2019-2022
Deliveroo (livraison de repas à domicile) : sponsor manche, 2019-2022

Partenaires officiels, équipe féminine :
Cummins (moteurs industriels)
McDonald’s (restauration rapide) : 2015-2021
Crédit Agricole Centre Est (banque) : jusqu’en 2021-22
MFM Radio (radio)
• Hyundai (automobile), 2018-2020
• Saint-Jean (pâtes fraîches)
Setreal (ingénierie)
• Herbalife (nutrition), pour 2019-20

Équipementier de l’OL Academy :
adidas

Partenaires majeurs Groupama OL Academy (centre de formation) :
• Groupama Rhône-Alpes Auvergne (assurances) : nameur
Clairefontaine (papeterie) : sponsor maillot principal
McDonald’s (restauration rapide) : 2015-2021
• MDA (distribution)
alila (promoteur immobilier)

Partenaire officiel Groupama OL Academy :
Groupe IGS (formation)

Groupama OL Training Center (centre d’entraînement) :
• Groupama Rhône-Alpes Auvergne (assurances) : nameur

Nameur stade :
Groupama Rhône-Alpes Auvergne (assurances) : Groupama Stadium, 2017-2020, entre 5 et 7 M€ par saison

Partenaires fondateurs stade :
Coca-Cola (boissons)
Onet (nettoyage)
Orange (télécommunications)
Dalkia (énergie)

Partenaires technologiques stade :
CNR (transport fluvial)
Microsoft (IT)
Parions Sport (offre de paris sportifs de FDJ)
Sword (consulting et IT)



Olympique Lyonnais
10 avenue Simone Veil
69150 Décines-Charpieu - FRANCE
Téléphone : +33 4 81 07 55 00
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Fin
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